25 octobre 2026
Baignoire blanche avec robinet et tuyau, eau qui coule dans la salle de bain
Percer les joints du carrelage ou monter une cloison en carreaux de plâtre par emboîtement : les deux méthodes pour fixer sans éclater un seul carreau.

Monter une cloison légère contre un mur carrelé fait peur à pas mal de bricoleurs, et on comprend pourquoi : un carreau éclaté, c’est une rangée entière à reprendre. Pourtant, la question ne se pose pas vraiment en termes de casse. Elle se pose en termes de choix : percer dans le joint, coller la structure, ou partir sur un assemblage de carreaux de plâtre qui se monte sans un seul trou. Chacune de ces options a ses contraintes, et le pire serait de foncer sur la perceuse sans avoir regardé ce qu’il y a sous le carrelage.

Ce qu’il faut vérifier avant de sortir la perceuse

Le premier réflexe, avant même de penser fixation, c’est de sortir l’information sur le chauffage au sol. Une cloison en placo sur du carrelage ne se pose qu’à une condition : il ne doit y avoir aucun plancher chauffant en dessous, sinon vous risquez de percer un tube en plein dans la dalle. Ça arrive plus souvent qu’on ne le croit, y compris dans des salles de bains refaites il y a longtemps, et le devis de la réparation n’a rien à voir avec celui d’une cloison.

Si le doute persiste, un détecteur de métaux et de conducteurs ne suffit pas toujours pour les tubes plastiques. Le mieux reste de consulter les plans de la maison ou de demander à l’ancien propriétaire, et si vraiment personne ne sait, on choisit une technique sans perçage profond. Le guide de mycloison.fr détaille d’ailleurs les différentes cloisons possibles et leurs modes de pose, ce qui aide à trancher avant de commander le matériel.

Main tenant un pinceau appliquant de la peinture blanche sur une surface en bois stratifiée

Percer dans les joints plutôt que dans les carreaux

Quand la cloison n’a pas besoin d’être posée au centimètre près, la solution la plus simple reste de viser les joints. Karkace, un membre du forum les3c19, propose de percer à cet endroit si les joints sont assez larges, avec un argument qui tient la route : en cas de démontage, il suffit de refaire le joint, pas le carrelage. Une cartouche de ciment joint coûte une misère, un carreau de récupération beaucoup plus cher et souvent introuvable dans la même teinte.

Cette méthode a quand même ses limites, et il faut les accepter. Un joint de trois millimètres ne laisse pas passer une cheville classique, il faut donc taper dans du petit diamètre et adapter la visserie. Si vos carreaux sont posés joint serré, presque à blanc, oubliez l’astuce : vous retomberez sur le carreau, avec le risque de fissure qui va avec. La précision de la position devient alors un vrai critère de décision.

Les cas où le perçage dans le joint ne marche pas

  • Vous voulez aligner la cloison au millimètre sur un mur existant, et les joints ne tombent jamais là où il faudrait.
  • Les joints sont-ils trop fins pour accueillir une cheville sans éclater la faïence voisine ?
  • Le support derrière le carrelage est creux, et la cheville n’accroche rien de solide.
  • La cloison doit porter une charge lourde, un meuble suspendu par exemple, et là il faut chercher le mur porteur, pas la surface.
  • Le carrelage est ancien et déjà fendillé, chaque vibration gagne du terrain.

Le collage des rails : pratique, mais pas sans risque

Coller les rails bas évite tout perçage, c’est tentant. Sauf que le modérateur du forum les3c19 est assez net là-dessus : le collage ne tiendrait pas suffisamment, et la cloison pourrait se déplacer à la longue sous l’effet d’un choc.

Une cloison, ça se prend dans une porte, ça reçoit un meuble contre son côté, ça vit quoi. Sur un carrelage lisse et verni, l’adhérence d’une colle ne vaut jamais celle d’une cheville ancrée dans la maçonnerie. Sur ce point, voir aussi notre article sur pose plaques de platre.

Je nuancerais quand même : pour une petite cloison décorative qui ne touche personne, dans un coin peu passant, le collage peut tenir des années sans broncher. Le problème arrive avec l’usage, les coups de balai, les enfants qui courent. Un déplacement de quelques millimètres suffit à fissurer la jonction avec le mur carrelé, et c’est le carreau qui trinque à ce moment-là, pas le rail.

Trois ouvriers installent un panneau métallique dans une pièce à ossature

Les carreaux de plâtre, l’option sans perçage

Le carreau de plâtre se monte par collage et emboîtement, grâce à des rainures et languettes incorporées qu’on appelle tenons et mortaises. Pas de cheville dans le carrelage, pas de perceuse, pas de risque d’éclat : on colle le premier carreau, on emboîte les suivants, et la cloison monte. Les carreaux se coupent à la scie égoïne à plâtre, ce qui reste accessible à quelqu’un qui n’a jamais posé de cloison de sa vie, à condition d’y aller doucement pour ne pas casser les languettes.

Côté matériel, Castorama liste des chevilles à frapper adaptées au matériau du sol, des pattes de scellement et des équerres de fixation. Tout ne se fixe donc pas sur le mur carrelé : une partie de l’ancrage se fait au sol et au plafond, ce qui règle le problème à la racine. Reste que cette technique demande un sol bien plan, et un peu plus de temps de mise en œuvre qu’un simple rail vissé.

Alors, on perce ou on emboîte ?

Le choix dépend de deux choses, la précision de la position et le risque de déplacement à long terme. Si la cloison doit tomber pile à un endroit, ouvrez le carrelage aux joints et acceptez de petits trous, ou passez par un rail chevillé en trouvant les montants derrière.

Si elle peut bouger de quelques centimètres, le carreau de plâtre avec collage et emboîtement reste la voie la plus tranquille, sans un seul carreau abîmé. Franchement, pour un mur carrelé qu’on ne veut pas refaire, c’est souvent ce compromis qui gagne, même s’il coûte une demi-journée de plus. Et vous, vous partiriez sur quel montage ?

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